UNDER REVIEW : Week 13

La saison régulière entre dans sa dernière ligne droite et pour la plupart des équipes, les matchs n’ont jamais valu aussi cher. C’est au mois de Décembre que se font et se défont les rêves de playoffs, que les momentums se construisent. Rentrons tout de suite dans le détail des matchs les plus significatifs de la semaine:
- Et commençons par ce choc attendu de l’AFC South entre des Colts toujours invaincus et des Titans qui sortaient de 5 victoires consécutives, dont une dernière épique contre les Cards. Les Colts ont trouvé une fois de plus un moyen de remporter un match dans lequel ils ont été plutôt dominés, battus dans le temps de possession et gagnant moins de first downs et de yards.
- La ligne offensive des Titans a plutôt réussi son match. Si la protection de passe reste assez aléatoire (Vince Young s’est d’ailleurs légèrement blessé au genou dans ce match), il semblerait que cette ligne commence à trouver le rythme dans le run blocking, ouvrant des espaces à Chris Johnson, qui même s’il n’a pas runné une fois de plus pour plus de 125 yards, fut à nouveau très solide, lisant bien les blocks et arrachant 113 yards durement gagnés. Kevin Mawae, qui a été souvent dominé dans le domaine depuis le début de l’année fut dominateur contre l’intérieur de la ligne des Colts, tout comme Jake Scott et un excellent David Stewart.
- Mais si les Titans n’ont pas marqué plus de 17 points, c’est qu’ils ont failli au moment important. En début de match, Nate Washington a droppé ce qui aurait été un touchdown facile de 60 yards, Ahmard Hall fumbla un ballon important, annulant un bon drive de son équipe, et quelques minutes plus tard c’est Vince Young qui lançait une vilaine interception. Malgré toutes ces erreurs, les Titans restèrent dans le match dans le 4e quart-temps et continuèrent à driver méthodiquement, arrivant par 2 fois en red-zone (1st & goal sur la ligne de 1 yard, 1st & 10 sur la ligne de 19). Malheureusement, Jeff Fisher décidant de tenter en 4th down pour obtenir un TD, les Titans échouèrent par 2 fois, et obtinrent de ces 2 beaux drives le joli score de 0 point.
- Défensivement c’est sans nul doute Nick Harper qui souffrit le plus côté Titans. En couverture de Pierre Garcon, il fut constamment battu par le jeune receveur, abandonnant plus de 120 yards en couverture. Mais la D-Line fut aussi incapable d’arrêter Joseph Addai en Red Zone, et malgré encore une bonne pénétration de Tony Brown, Jacob Ford et Kyle Vanden Bosch, c’est tout le groupe qui a failli dans ce match. Michael Griffin fut lui une fois de plus transparent.
- Côté Colts ce ne fut pas la meilleure performance de Peyton Manning, mais celui-ci fut une fois de plus efficace, trouvant notamment un Pierre Garcon en feu pour de nombreux jeux longs en première mi-temps. Joseph Addai fut patient et exploita parfaitement ses opportunités en red zone. Les Colts roulant tranquillement vers la tête de série n°1, le front office a lui sans doute voulu donner un chance de plus à Tony Ugoh de prouver sa valeur avant de prendre une décision à son sujet à l’inter-saison. Ugoh a malheureusement pour lui été en grosse difficulté, ne montrant rien de positif dans ce match où il abandonna 5 pressions et où il fut le seul lineman des Colts à ne pas fournir de push dans le running game. Kyle DeVan continue lui de souffrir en protection mais il est un upgrade évident dans le running game à son poste de Right Guard. Il est sans doute en train de sécuriser sa place.
- En défense ce fut un match très difficile pour les Colts puisqu’ils abandonnèrent près de 400 yards d’attaque à Tennessee, mais ils réussirent les plays au bon moment. Robert Mathis et Dwight Freeney furent économisés et jouèrent peu de snaps, ce qui n’empêcha pas Freeney d’être excellent lorsqu’il fut sur le terrain, terrorisant Michael Roos et accumulant 1 sack, 1 hit et 4 pressions en une trentaine de rush. L’autre homme du match en défense fut Clint Session, qui semble enchaîner les gros matchs en cette fin de saison. Session réussit 12 tackles, dont 7 stops défensifs et même s’il fut coupable sur certains plays, il rattrappa l’essentiel du temps la défense passive de ses coéquipiers. Gary Brackett, excellent il y a quelques semaines est lui passé à côté pour la seconde semaine consécutive tandis que Melvin Bullitt continue de souffrir en couverture.
- Une très bonne nouvelle pour les Colts. Kelvin Hayden a rejoué une vingtaine de snaps et il est apparu très à son avantage, défendant une passe et ne concédant pas la moindre réception. Même si les 2 rookies Jacob Lacey et Jerraud Powers ont plutôt bien tenu la baraque en son absence, Hayden est quand même un niveau au dessus et son expérience sera essentielle en playoffs.
- Une autre équipe est restée invaincue cette semaine, même si on peut se demander comment les Redskins sont parvenus à perdre contre les Saints un match qu’ils ont dominé du début à la fin. Offensivement ce fut sans aucun doute la meilleure performance de Washington cette année. Jason Campbell sait que ces derniers matchs sont sans doute sa dernière chance de rester le quarterback des Skins l’année prochaine. et il s’attèle donc à défendre sa place. Mieux protégé que d’habitude face à l’inoffensive D-Line des Saints, il a trouvé un Devin Thomas transfiguré tout au long du match. Le sophomore a non seulement signé son premier match à plus de 100 yards en carrière, il a aussi montré des capacités à créer après le catch qu’on ne lui avait guère vu jusqu’alors, et qui lui ont permis d’inscrire 2 TDs.
- Défensivement il y eut du bon, puisqu’avant de revenir l’attaque des Saints fut longtemps en difficulté. L’excellent travail du côté droit de la D-Line composé d’Albert Haynesworth et Andre Carter sortit Brees de son rythme, le duo défendant aussi efficacement le run. Brian Orakpo continue lui sa bonne saison rookie, ses qualités de rusher s’étalant au grand jour match après match.
- Mais il y eut aussi du très mauvais, comme cette invraisemblable fin de première mi-temps: Kareem Moore intercepte Drew Brees, arrêtant donc normalement le drive. Malheureusement, celui-ci se fait ensuite arracher le ballon par Robert Meachem sur le retour, ce dernier filant ainsi tranquillement vers un improbable touchdown. Ou comment rentrer au vestiaire à 17-17 au lieu de 17-10.
- Mais le pire dans ce match fut sans doute signé Laron Landry. Il fut brûlé pour 2 TDs dans le passing game, jumpant les routes intermédaires et ouvrant ainsi les jeux longs à l’attaque des Saints. Ce qui pose encore plus problème c’est l’attitude du premier tour de draft, célébrant par exemple en prolongations un tackle après une course de 9 yards en red zone. Le play suivant fut le Field Goal de la victoire de New Orleans. Fred Smoot fut lui aussi coupable sur bon nombre de couvertures tout au long du match et il doit être incroyablement frustrant pour les fans des Skins de voir leur équipe très bien défendre avant de manquer leurs assignements et abandonner d’énormes plays.
- Mais on ne parlerait pas de la victoire des Saints sans ce Field Goald de 23 yards manqué par Shaun Suisham à moins de 2 minutes du terme. Un play immanquable qui lui a coûté sa place puisqu’il fut relâché dans la semaine.
- Les Saints ont eux montré de nombreuses faiblesses mais ont réussi des plays au bon moment, préservant ainsi leur invincibilité. On ne pourra rien reprocher à Jahri Evans et Jon Stinchcomb qui furent dominateurs dans ce match, alors que Carl Nicks confirme match après match qu’il a bien été un énorme vol au 5e tour l’an dernier. Drew Brees fut malgré tout longtemps hors du rythme et parfois imprécis, mais fut parfait pour égaliser dans la dernière minute. Robert Meachem crève lui l’écran depuis quelques matchs et est en train de légitimer son statut de 1st round pick il y a 3 ans. Il est décisif (5eme match consécutif avec au moins 1 TD) mais s’est surtout diversifié, runnant désormais toute sorte de tracés intermédiaires en plus de ses classiques go routes.
- C’est en défense que la performance des Saints fut inquiétante face à une équipe des Skins réduite à ses 3e et 4e running backs et dont le passing game n’avait guère fait de dégâts cette saison. Rien n’a fonctionné dans un match où seuls Remi Ayodele et Jonathan Vilma firent un travail décent. Charles Grant continue d’être transparent cette année, mais c’est en couverture que l’ensemble du groupe a sombré. Mike McKenzie, très bon contre les Pats, laissa cette fois-ci absolument tout se compléter dans sa direction. Le rookie Michael Jenkins concéda près de 150 yards dans les airs, et Scott Shanle, régulièrement hors de position sur chaque lancer, ne fut pas en reste. Etonnament, c’est Chris McAlister, qui bien qu’il ait perdu son accélération fut le plus à son avantage dans ce match, provoquant en prime le fumble décisif en prolongations, qui fut relâché cette semaine, et remplacé par Marcus McCauley. Un choix étrange des Saints, l’expérience de McAlister me semble en tout cas plus précieuse que la vitesse de McCauley et sa capacité à jouer en Special Teams. En tout cas, ces Saints ne sont pas invincibles.
- Petit passage rapide à Jacksonville maintenant où j’aimerais vous parler de quelques joueurs côté défensif des Jags. Ce match avait peu d’importance pour les Texans, il n’empêche que Jacksonville a réussi une très bonne prestation pour contenir Houston, grâce à sa défense très sous-évaluée. Quentin Groves n’a pas réussi grand chose depuis sa sélection au second tour l’an dernier, mais pour son deuxième start à sa position naturelle de defensive end, il fut absolument énorme grâce à un premier pas explosif. Il tortura Duane Brown du début à la fin et fut également incisif en run defense. Il devra évidemment confirmer contre de bons tackles mais le front office des Jags a dû être enchanté de ce qu’il a vu (Je rappelle que les Jags avaient tradé tous leurs picks l’an dernier pour drafter Derrick Harvey au premier tour et Groves au second). Parlons d’Harvey justement, qui fut lui aussi excellent dans ce match, brillant dans le rush, ce qu’il peine à faire régulièrement depuis son entrée dans la ligue, et solide dans le running game, une qualité qu’on ne lui attendait pas mais qu’il a démontré toute l’année. Si ces 2-là confirment, la défense des Jags devrait être solide dans les années à venir, grâce à plusieurs drafts intéressantes.
- Car les bons points à distribuer sont nombreux: Je ne cesse de parler de Daryl Smith semaine après semaine, mais celui-ci est absolument incroyable cette année, et le linebacker le plus complet de la NFL. Encore une fois brillant en run defense et en couverture, il est également utile lorsqu’on lui demande de blitzer. Après 5 années solide, il est une véritable révélation cette année (2nd tour des Jags en 2004). Le middle linebacker Justin Durant réussit aussi une très bonne saison et semble arriver à maturité pour sa 3e saison (2nd tour, 2007). Très complet, il fut un poison sur chaque blitz dimanche.
- Tyron Brackenridge est lui une excellente surprise depuis qu’il commence comme corner gauche depuis 3 matchs. Il faudra être régulier, mais pour l’instant l’absence de Rashean Mathis ne se fait pas trop sentir. Tous ces joueurs sont la raison pour laquelle les Jags sont toujours en bonne position pour arracher une place en Wild Card.
- Les Cowboys n’arrivent décidément pas à gagner en Décembre, même s’ils sont à mon avis une meilleure équipe que les Giants. DeMarcus Ware et Anthony Spencer sont en pleine forme et ils réussirent tous les 2 un match énorme, pressurant Eli sans interruption et défendant aussi parfaitement le run. Mike Jenkins fut lui très solide en couverture et semble tranquillement devenir un bon corner. Jay Ratliff est malheureusement le seul joueur valable de cette D-Line, Marcus Spears étant notamment particulièrement inutile.
- Tony Romo fut lui très bon durant 3 quart-temps, trouvant un Jason Witten enfin utilisé dans le passing game et simplement inarrêtable, et ses statistiques seules (41/55, 396 yards, 3 TDs) reflètent l’excellent match d’un quarterback. Ce qu’elles ne disent pas en revanche, c’est qu’il manqua des receveurs ouverts sur des lancers capitaux au 4e quart, lorsque le match et les espoirs de playoffs de son équipe reposaient sur ses épaules. Les problèmes de Romo au moment important sont bien documentés, et cette fin de saison risque de confirmer les précédentes. Une pathologie redhibitoire pour un quarterback NFL, aussi talentueux soit-il.
- La défense des Giants est elle méconnaissable. Où est passée l’escouade des années passées. Osi Umenyiora est absolument inoffensif et n’a clairement pas récupéré de sa grave blessure de l’an dernier. Corey Webster, même s’il ne fut pas le plus coupable dans ce match, fut une fois encore loin de son niveau de l’an dernier. Michael Boley est aussi très en difficulté depuis son retour. Bref, rien ne va vraiment, mais les Giants sont néanmoins parvenus à s’en sortir au 4e quart-temps, maintenant ainsi leurs espoirs de playoffs. A noter quand même que le retour d’Aaron Rouse a solidifié la secondary dans le passing game.
- En attaque aussi il y a encore beaucoup de progrès à faire. Eli Manning semble toujours aussi handicappé par sa blessure à la voute plantaire, bien qu’il continue à le nier et il ne fut pas aidé par le pauvre match de son Tight End Kevin Boss, en général dominateur au blocking et qui fut cette fois-ci dévoré vivant dans ce match. Mais, grâce à la surprenante pointe de vitesse de Brandon Jacobs, mais surtout au touchdown décisif de Dominik Hixon en retour de punt, les Giants ont préservé l’essentiel. Cela risque d’être plus dur la semaine prochaine contre Philly.
- L’une des victoires les plus importantes de la semaine revient sans nul doute aux Dolphins qui ont choqué les Pats à Foxboro et maintenu ainsi leurs espoirs de playoffs. New Enland, qui a longtemps eu le match en main, n’a pu empêcher de conquérants Dolphins de les enfoncer dans la crise. Cela avait pourtant bien commencé, puisque Tom Brady trouvait Randy Moss pour une longue bombe d’entrée de jeu. Malheureusement l’ancien de Michigan a semblé loin d’être à 100% dans un match qu’il a probablement joué avec un doigt cassé, et Moss fut ensuite mis sous l’éteignoir pour le restant du match, ne semblant en plus pas avoir particulièrement envie de jouer et de se surpasser. C’est donc une fois de plus Wes Welker qui créa en attaque, accumulant plus de 160 yards et obtenant 1st down après 1st down. Sam Aiken le quatrième larron réussit lui l’autre gros play du match, en transformant un pauvre lancer de Brady, qui aurait pu être intercepté, en un long TD de 81 yards. A noter enfin que les Pats évoulaient sans Steve Neal ce week-end, et que celui-ci est clairement leur meilleur lineman cette année. Matt Light fut lui à son avantage en protection mais peina dans le running game, et on peut se demander si un Vollmer à 100% n’est pas une meilleure option pour NE.
- En défense une fois n’est pas coutume c’est la D-Line des Pats qui fut le plus en difficulté et notamment un Vince Wilfork qui l’on avait pas vu aussi inoffensif depuis bien longtemps. Jarvis Green passa aussi à côté, peinant à mettre la moindre pression sur Chad Henne, celui-ci convertissant tranquillement de courtes passes en third down. Darius Butler, très souvent ciblé, et Leigh Bodden, furent aussi à la peine, et même s’ils réussirent leur lot de défenses, ils abandonnèrent énormément de yards dans les airs. Conclusion : il y a un nombre incalculable de trous dans cette équipe, et Tom Brady va devoir utiliser toutes ses qualités de motivation pour remobiliser ses troupes car ce groupe est au bord de l’explosion.
- Les stats de Chad Henne ne seront sans doute pas les plus renversantes de la semaine, il n’empêche que l’ancien de Michigan (comme Brady) suit une progression régulière et que j’ai été plutôt impressionné par sa performance. Henne dégage avant tout un leadership et un calme étonnant pour une première saison de titulaire et il couple ces qualités par une bonne lecture des défenses adverses, de la précision, mais surtout la capacité à réussir le lancer difficile parfait au bon moment. Il fut extrêmement solide dans ce match et parvint à faire avancer les Dolphins une heure durant. Il réussit les drives nécéssaires pour faire passer son équipe devant, la D se chargeant de préserver le résultat.
- Henne a en plus la chance d’évoluer derrière une excellente O-Line qui le protège parfaitement. Vernon Carey fut légèrement en difficulté dans le running game mais lui et Jake Long sont des candidats à une All-Pro team et leur protection de passe est incroyable. Jake Grove blessé, il est très bien remplacé par Joe Berger, Donald Thomas trop irrégulier, son remplaçant Nate Garner fit un travail parfait. En gros, même s’il y a des trous à Miami, où il manque notamment un receveur n°1 (même si Davone Bess fut stellaire Dimanche), peu d’équipe peuvent se targuer de posséder la même profondeur de banc et le même nombre de joueurs de talent dans l’effectif. Je l’ai dit et répété, les Dolphins sont en excellente santé et devrait être une équipe de playoffs dans les années à venir.
- Le rookie Vontae Davis fut absolument parfait sur Randy Moss (avec entre autres un magnifique travail pour intercepter un fade dans l’en-but, maintenant les Fins dans le match), il est rapide, fluide et physique à la ligne de scrimmage et devrait pouvoir affronter l’élite de la NFL pour les années à venir. Un excellent choix au premier tour de la dernière draft. Gibril Wilson a lui commencé doucement sa saison mais il est très solide depuis quelques matchs et récompense enfin les espoirs du front office des Fins. Cameron Wake reste lui beaucoup trop peu utilisé à mon goût, tant il est grandiose dans le rush. Il ne fut sur le terrain que pour une dizaine de snaps Dimanche, et trouva le moyen de mettre Brady 2 fois au sol (2 hits). Le restant de l’équipe accumula 4 pressions en tout sur la durée du match.
- Mais le MVP défensif de cette équipe, et ce depuis le début de l’année, c’est l’incroyable Randy Starks. Il fut déjà très bon l’an dernier mais a encore franchi un immense pas cette année. Starks est le prototype de l’End de 3-4 idéal. Il est puissant et suffisamment explosif pour dominer régulièrement ses adversaires sur les passing downs, mais il est aussi un merveilleux run defender. Pour ne rien gâcher, il fut parfait les rares fois où il dut se replier en couverture de zone. Une perle rare. En tout cas grâce à ce précieux et incroyable succès, tout n’est pas perdu pour les Dolphins cette année, qui joueront donc gros contre les Jags. Cette équipe vaut en tout cas mieux que son bilan, maintenant que son quarterback a accumulé de l’expérience. N’oublions pas enfin qu’il avait fallu un miracle aux Colts pour en venir à bout en début d’année.
- La dernière grosse performance du Week-end c’est la victoire convaincante d’Arizona aux dépens des Vikings. En annulant quasiment l’impact d’Adrian Peterson grâce à une run defense parfaite faite de contrôle des gaps et d’agressivité, avec notamment un excellent Karlos Dansby, les Cards ont forcé Brett Favre dans des 3rd & long, et parvinrent ainsi à limiter son impact en lui mettant la pression. Calais Campbell s’est transformé en un énorme joueur pour sa seconde saison, et il fut encore très présent dans le rush et en run defense Dimanche. Bertrand Berry, transparent toute l’année, choisit lui le Sunday Night Football pour montrer enfin la qualité pour laquelle il est payé, c’est à dire rusher le quarterback. Pour compléter la grosse performance d’ensemble, et prouver encore si besoin était que les Cards ont merveilleusement drafté ces dernières années, Dominique Rodgers-Cromartie a confirmé son immense talent, réussissant un travail efficace sur Sydney Rice. Il n’est pas un shutdown corner en puissance, il EST un shutdown corner, dès sa seconde saison. Adrian Wilson a lui aussi prouvé qu’il était capable de briller en couverture dans ce match, et il a sans aucun doute progressé dans le domaine depuis l’an dernier. La D des Cards est bien armée.
- Comme Peyton Manning, Kurt Warner a un sixième sens pour ne pas prendre de sack, sentir la pression et se débarrasser du ballon au dernier moment. Comme Peyton Manning, cela ne signifie pas qu’il est bien protégé. Des bonnes équipes de NFL, aucune autre ne possède une O-Line aussi friable que celle des Cards en protection, ce qui n’a pas empêché le vieux Kurt de réussir une nouvelle excellente performance, notamment en première période. Avec l’aide de ses armes fatales Larry Fitzgerald et surtout un Anquan Boldin de gala, Warner a étrillé la pauvre secondary des Vikes, clairement le gros point faible de cette équipe qui n’a jamais eu autant besoin du retour d’Antoine Winfield. Quoiqu’il en soit, j’ai eu bien tort de douter de Warner en début de saison.
- Brett Favre vécut sans aucun doute son pire match de la saison depuis la première semaine, abandonnant 2 vilaines interceptions et multipliant les lancers moyens tout au long du match. Devant lui, Bryant McKinnie et Phil Loadholt subirent tous 2 une blessures mais revinrent sur le terrain, mais ils ne furent donc pas particulièrement brillant . L’attaque de Minnesota a toutefois été tellement explosive cette année que mieux vaut ne pas tirer de conclusion trop vite. Cette ligne offensive n’a néanmoins jamais trouvé le rythme cette saison bien qu’elle ait du talent, et il sera intéressant de voir si elle parvient à être plus solide en Janvier. En défense, Pat Williams fut le seul joueur de la D-Line des Vikes à briller, Jared Allen, Kevin Williams et Ray Edwards étant particulièrement discrets. Mais ce sont bien Tyrell Johnson et Cedric Griffin qui furent constamment en difficulté en couverture, peu aidés il est vrai par les lancers parfaits de Warner. Il faudra faire mieux contre l’attaque des Bengals la semaine prochaine. Celle-ci étant beaucoup moins explosive, le challenge sera moindre.
- Pour conclure, une très brève ligne sur l’horrible Buccaneers-Panthers, pour un constat: Peu de joueurs ont autant régressé depuis l’an dernier que Donald Penn et Jeremy Trueblood les 2 Tackles de Tampa Bay. Très solides l’an dernier, il est vrai bien aidé par les talents de scrambler de Jeff Garcia, Penn et Trueblood touchent réellement le fond cette année, enchaînant les sorties ineptes. Trueblood avait plutôt bien commencé sa saison, mais son niveau est abyssal depuis plusieurs semaines maintenant. Penn, qui avait tout du franchise Left Tackle l’an dernier est désormais constamment en difficulté, en protection comme en run blocking et il concède en plus des pénalités: Nul doute que les Bucs auront d’intéressantes décisions à prendre à l’inter-saison.
LE JOUEUR DE LA SEMAINE
Cette semaine, le match sublime de Quentin Groves se retrouve en concurrence avec 2 quarterbacks. Avec son excellente prestation contre les Pats, Chad Henne a non seulement montré sa maturité, mais surtout son talent et sa capacité à aller chercher une victoire capitale sous pression. Il a parfaitement distribué le ballon à ses receveurs, notamment Davone Bess et le rookie Brian Hartline, et mériterait donc largement le titre. Mais il est battu cette semaine par la performance la plus imprévisible, j’ai nommé la victoire de Bruce Gradkowski et ses Raiders à Pittsburgh. Dans un match d’une grande pauvreté pendant 3 quart-temps, Gradkowski a tout simplement pris feu au 4e quart-temps, lançant 3 passes de touchdown décisives dans le dernier quart d’heure. Même si l’une de ses passes aurait dû être interceptée, il a montré une capacité de décision mais surtout des qualités de playmaker incroyables, trouvant notamment son nouveau Go-To-Guy Louis Murphy et répondant à chaque fois aux Steelers. Gradkowski n’a toujours pas de bras, un mouvement étonnant au lancer mais sa précision et son leadership ont fait merveille Dimanche, et il sera difficile de faire plus improbable que cette victoire des Raiders à Heinz Field cette année. Gradkowski n’est sans doute pas la solution à long terme à Oakland, mais, pour une semaine, il est le nouveau héros!
LE CAUCHEMAR DE LA SEMAINE
Il y eut pas mal de performances horribles cette semaine, mais celle de Josh Freeman fut intouchable. Freeman a des qualités physiques indéniables, un bon bras et il se déplace bien dans sa poche, mais il n’a malheureusement pour l’instant aucune idée de comment lire une défense NFL. Il lança pour plus de 300 yards, utilisant bien ses cibles Kellen Winslow Jr et Antonio Bryant mais craqua complètement en red zone, lançant ignoble interception coûteuse après atroce interception coûteuse. Face à l’ineptitude offensive des Panthers, les Bucs restèrent néanmoins longtemps dans le match, et Freeman eut donc plusieurs fois l’opportunité d’être le héros. Il ne parvint malheureusement qu’à faire grimper son nombre d’interceptions, et sa lecture (ainsi que sa panique sur certains lancers) incite beaucoup moins à l’optimiste que ses premières sorties. Les défauts sont exposés en NFL, et pour Freeman, comme pour les autres rookies cette année, l’apprentissage est encore long.