Draft 2008 : Le bilan après un an (Part I)

Chris Johnson, une des révélations de l'année
On dit souvent que la qualité d’une draft ne peut-être évaluée qu’au bout de trois ou quatre saisons pleines. On dit aussi le plus grand bien de Flozell Adams, le Left Tackle des Cowboys. En bref, tout ce qu’on dit n’est pas toujours vrai, et si quatre ans permettent sans doute une évaluation précise à long terme, une année suffit à déceler de manière générale quelles équipes ont vu juste, quels joueurs sont parvenus à s’adapter et quels joueurs sont en difficulté. Voici donc une analyse de la saison de tous les joueurs sélectionnés au 1er tour et des autres rookies notables.
Premier tour:
1 – Jake Long – Left Tackle – Miami Dolphins
Jake Long est l’un des 3 rookies à avoir terminé sa saison à Hawai au Pro Bowl. Il a été starter de tous les matchs de son équipe au poste de Left Tackle, ce qui malgré ce que l’on pourrait penser avec cette fantastique cuvée 2008, est plutôt rare. Étonnamment, le relatif point faible de Long en College Football a été clairement son point fort en NFL, à savoir la protection de passe. Il n’a subi que 2 sacks (l’un de Bert Berry, l’autre d’Elvis Dumervil) et a été pour beaucoup dans la qualité du passing game de Pennington, ce dernier étant le QB le moins sacké l’année dernière. S’il a démarré doucement dans le run blocking il reste bien au dessus de la moyenne et devrait continuer à progresser dans les années à venir. Le côté gauche de la ligne offensive des Dolphins est vraisemblablement stable pour la décennie à venir.
2 – Chris Long – Defensive End – St Louis Rams
D’aucun diront que Chris Long a réalisé une saison, au mieux, discrète, dans la défense abyssale des Rams l’an dernier. Il est pourtant l’une de ses seules lueurs d’espoir, étant exactement le joueur annoncé. Un énorme moteur qui lui permet d’être très précieux en run defense (40 tackles) et une pression sur les Qbs adverses supérieure à ce que ses 4 sacks laissent présumer font de lui un futur pro bowler en puissance. On attendra néanmoins certainement de lui une progression dans son nombre de sacks l’an prochain car les chiffres font tout en NFL.
3 – Matt Ryan – Quarterback - Atlanta Falcons
Je risque d’enfoncer des portes ouvertes avec Ryan, tout a été dit ou presque sur l’Offensive Rookie of The Year. Il possède toutes les qualités d’un grand QB. Leader, très précis y compris dans le jeu long, capable de mener son équipe à des victoires improbables, bon pourcentage de passes complétées. Ce que j’ai trouvé aussi intéressant dans les 9 matchs que j’ai vu c’est la capacité à ne pas forcer les choses, savoir quand se débarrasser du ballon lorsque la pression arrive ou que la couverture est trop serrée. En gros la crainte principale concernant Ryan (ses interceptions) ne s’est pas justifiée, celui-ci montrant le calme d’un vétéran sous la pression. Pour compléter le tout, la O-Line des Falcons ne s’est pas transformée d’une année à l’autre et elle était toujours très moyenne cette année (Weiner le Left Tackle et Blalock le Left Guard sont catastrophiques, en revanche lae côté droit est solide, McClure - Dahl - Clabo), ce qui donne encore un peu plus de lustre, si besoin était, à la performance d’ensemble de l’ancien de Boston College. En gros tous les signaux sont au vert, l’association avec Roddy White et l’arrivée de Tony Gonzalez laisse augurer des jours (très?) heureux à Atlanta.
4 – Darren McFadden – Running Back - Oakland Raiders
Avant la draft l’an dernier on se demandait si Al Davis allait commettre une fois de plus son pêché éternel: choisir au 1er tour le joueur le plus athlétique de la draft. Malgré la présence de Fargas et Michael Bush dans l’effectif, Davis craqua pour McFadden. Avec près de 500 yards et 4 Tds à la course et un peu moins de 300 yards à la réception, McFadden a été plutôt efficace lorsqu’il a joué, son explosivité étant un danger permanent dans l’espace. Pas aidé par sa O-Line, il devra éviter les blessures et pourrait s’imposer l’an prochain. Il est néanmoins toujours difficile de prévoir un avenir doré à Oakland, la draft de cette année en ayant apporté une nouvelle preuve.
5 – Glenn Dorsey – Defensive Tackle – Kansas City Chiefs
Sans doute la plus grosse déception de cette draft après un an, à hauteur des attentes. Dorsey a été plutôt bon contre la course (46 tackles), mais sa grande force en college, la capacité de rusher le QB de l’intérieur a été complètement invisible en NFL. Il est régulièrement éteint par des Centers et des Guards moyens, et perdre du temps de jeu au profit de joueurs du calibre d’Alphonso Boone ou Ron Edwards n’est pas bon signe. KC va transformer sa défense en 3 – 4 l’an prochain et Dorsey devrait logiquement être le Nose Tackle partant. On ne peut attendre de lui qu’une nette amélioration, même si la perspective de devoir se défaire de 2 joueurs au lieu d’un n’engage guère à l’optimisme. Un point positif quand même: Dorsey a quand même été starter lors des 16 matchs cette saison, ce qui reste une performance à son poste, et il est parvenu à éviter les blessures, une des grosses inquiétudes le concernant avant la draft. Tout n’est donc pas perdu pour un joueur dont le potentiel reste énorme.
6 – Vernon Gholston – Outside Linebacker – New York Jets
La 2eme grosse déception de l’année. Si Dorsey a eu toutes les peines du monde sur le terrain, Gholston a eu toutes les peines du monde à y rentrer, battu dans le depth chart par Calvin Pace et Bryan Thomas. N’obtenant que quelques rares snaps par match, Gholston n’a pas pu réaliser le moindre sack dans ses 15 bouts de match, et sa défense de run lorsqu’il est sur le terrain fait elle aussi défaut. L’arrivée de Rex Ryan à la tête des Jets annonce peut-être des jours meilleurs, et c’est sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Comptons sur Ryan pour trouver le moyen d’utiliser ce monstre physique qu’est Gholston à raison de 12 ou 13 snaps par match notamment sur des rushs. Gholston, le seul joueur à avoir dominé Jake Long au college, pourrait bien trouver sa place. Et effacer de son front le mot BUST (en majuscule) qu’on commence de plus en plus à lui coller après cette pâle première sortie.
7- Sedrick Ellis – Defensive Tackle - New Orleans Saints (Trade avec les Patriots)
La transition du college football au pro football est historiquement délicate pour les defensive tackles et à ce titre Sedrick Ellis n’a pas à rougir de sa saison. Titularisé à 13 reprises, il a parfois subi dans le running game, un défaut néanmoins compensé par de très intéréssantes capacités à rusher le QB. En plus de ses 4 sacks, il possède près de 20 « pressions » sur le QB (sacks + hits + pressions), une qualité bien utile à cette inoffensive D-Line des Saints. Il n’est en effet pas aidé par Kendrick Clancy à l’intérieur, l’un des pire run defenders de la ligue, et le déclin de Will Smith ajoute à la pression qui pèse sur Ellis. Les Saints possèdent là un très bon joueur, mais ils vont devoir renforcer leur D-Line (ce qu’ils n’ont pas fait en free agency, Paul Spicer n’étant pas la solution) sous peine de voir le jeu d’Ellis se perdre dans la médiocrité.
8 – Derrick Harvey – Defensive End - Jacksonville Jaguars (Trade avec Les Ravens)
Les Jaguars ont tradé l’an dernier tous leurs picks pour pouvoir sélectionner Derrick Harvey au 1er tour et Quentin Groves au second. 2 pass rushers explosifs qui devaient permettre aux Jags de franchir le cap après leur beau parcours il y a un an. Si la draft n’est pas la principale responsable (l’effondrement de la O-Line étant le principal coupable), nul ne peut se réjouir du rendement des 2 joueurs. Investir toute une draft sur 2 joueurs est un pari risqué, et il n’est pas encore perdu. Pas épargné par les blessures, souvent dominé, Harvey a néanmoins laissé entrevoir des qualités de rusher qui devront se faire plus consistantes et plus régulières l’an prochain. L’excellent niveau de jeu de Reggie Hayward pourrait enlever un peu de pression aux 2 rookies. Dont on attendra néanmoins beaucoup plus l’an prochain.
9 – Keith Rivers – Linebacker – Cincinnati Bengals
Titulaire comme Will Linebacker dès le 1er match de la saison, Rivers a vu un début de saison correct prendre une fin brutale en 7e semaine sur un block de Hines Ward. Mâchoire fracturée et dure nouvelle pour des Bengals dont la défense a néanmoins nettement progressé. Il est attendu de retour à 100% cette année et une saison solide devrait lui faire avoisiner les 100 tackles. Rivers a été très discret dans le rush mais étonnamment solide en couverture. Il sera l’un des hommes clés de la D des Bengals l’an prochain, ses retrouvailles avec Ray Maualuga poussant à l’optimisme.
10 – Jerod Mayo – Inside Linebacker – New England Patriots
Qui drafte mieux que les Patriots? Ce pick prouve aussi si besoin est que le départ de Scott Pioli va être difficile à combler pour les Pats tant il a été instrumental dans la réussite des Pats depuis une décennie. Légèrement aidé par l’absence de concurrence mais surtout ses 129 tackles, Mayo a été élu à l’unanimité Defensive Player Of The Year (49, votes sur 50, le dernier pour Rivers qui n’a joué que 6 matchs est le résultat d’une erreur de jugement). Je ne placerais cependant pas l’année de Mayo au niveau de celle de Patrick Willis ou Jon Beason l’année précédente. Il a notamment sombré à 2 reprises dans 2 gros matchs, à Pittsburgh et à Foxboro contre les Jets où il est responsable sur plusieurs Tds, surtout dans le running game. La deuxième nuance à apporter, c’est l’absence de big plays défensifs, un seul fumble forcé, pas de sack, très peu de pression même s’il n’est guère utilisé dans le rush et pas d’interception. S’il continue sa progression cependant, les Pats se sont trouvés un All Pro et le remplaçant à terme de Teddy Bruschi.
11 – Leodis McKelvin – Cornerback – Buffalo Bills
Premier Corner sélectionné, Leodis McKelvin est à ranger au rayon assez bien. Il a néanmoins mieux fini et ça ne peut être que bon signe. La saison rookie est toujours très difficile pour les corners, et on en saura plus cette année. McKelvin a été souvent aligné comme nickel back, souffrant en couverture et un peu léger dans le support de la run defense. Il a terminé l’année avec 2 Interceptions dont 1 transformée en TD. Pas d’inquiétude pour les Bills cependant, McKelvin a un avenir radieux devant lui, et les Bills possèdaient par ailleurs en Jabari Greer et Terrence McGee deux excellents starters. Greer parti à NO, McKelvin devrait être starter cette saison. Il y a e revanche un domaine dans lequel il a en revanche tout de suite fait des étincelles: Le Kick Return Game. Avec 1 TD et plus de 28,5 Yards de moyenne par retour, il est juste derrière Daniel Manning le safety des Bears et Ellis Hobbs le corner des Patriots. Il forme avec Terrence McGee la meilleure paire de retourneurs de kicks de la NFL.
12 – Ryan Clady – Left Tackle – Denver Broncos
L’ancien joueur de Boise State est le Tackle qui a cette année abandonné le moins de sacks (0,5), une stat pour le moins incroyable. Comme je l’ai dit plus haut, cette stat ne dit pas tout, mais dans le cas de Clady elle est l’indication d’immense qualités en protection de passe. Il a protégé efficacement le blind side de Cutler tout au long de l’année, a dominé par moments et tout ceci reste extrêmement impressionnant pour un rookie. J’ai lu ici et là qu’il méritait encore plus que Jake Long une place au Pro Bowl et rien n’est moins vrai. Clady a un énorme deficit dans le run blocking comparé au n°1 et il n’a tout simplement pas brillé comme Long. L’intégration des nouveaux schémas de blocking de zone de Shanahan a forcément été difficile à intégrer, et Clady termine la saison avec une mention bien. Il a néanmoins tout pour être un All Pro dans les années à venir. Attention néanmoins cette année, Orton est beaucoup moins mobile que Cutler et ses stats risquent de s’en ressentir.
13 – Johnathan Stewart – Running Back – Carolina Panthers
Lorsqu’un rookie rushe pour 836 yards, 10 TD et plus de 4yds par porté sa saison ne peut être que satisfaisante. Stewart aime le contact, il est dur à tackler et la paire qu’il forme avec DeAngelo Williams a de beaux jours devant elle. L’explosion de celui-ci en 2e partie de saison a entraîné une diminution de touches pour Stewart. Si Williams continue au rythme de 5,5 Yards par porté, Stewart risque de voir son nombre de touches se stabiliser entre les 150 et 200 pour la saison prochaine. Cela devrait néanmoins le conserver physiquement et il devrait être un difference maker pour les années à venir.
14 – Chris Williams – Left Tackle – Chicago Bears
Une des grosses interrogations de la draft l’an dernier (bras immenses et vitesse de pied fantastique mais mental et amour du jeu très en question), Williams n’a rien fait pour rassurer les Bears. Il n’a joué qu’une infime poignée de snaps dans 9 matchs, incapable de déloger John St Clair l’ancien center, pourtant le PIRE Left Tackle de la NFL l’an dernier (avec Kwame Harris des Raiders), avant de se blesser au dos et d’être opéré cette intersaison. St Clair est aujourd’hui aux Browns où il devrait retrouver l’intérieur de la ligne offensive et les Bears se retrouvent forcés de faire confiance à Williams, dont ils espèrent de nets progrès pour sa deuxième saison.
15 – Branden Albert – Left Tackle – Kansas City Chiefs (Trade avec les Lions)
Left Guard reconverti Left Tackle, Branden Albert a solidifié le côté gauche de la O-Line des Chiefs, en déshérence depuis une décennie. Si Albert est encore loin du Pro Bowl, ses qualités en protection de passe sont encourageantes et il est étonnant, étant donné son statut d’ancien guard, de constater que sa plus grosse lacune est le run blocking. Il est cependant assez solide, et plutôt régulier, à l’exception du match contre Oakland ou Jay Richardson (pourtant atroce l’an dernier) l’avait mangé durant une heure.
16 – Dominique Rodgers-Cromartie – Cornerback – Arizona Cardinals
Aligné en première partie de saison comme nickel corner, Rodgers-Cromartie a vu son temps de jeu augmenter en même temps que la qualité de ses performances pour culminer dans l’incroyable run des Cards en postseason. N’allons cependant pas trop vite en besogne : Encensé dans la presse, il a, y compris durant les playoffs, été parfois très limite dans le respect de ses tâches, oubliant des couvertures, et parfois mis très à mal (notamment par DeSean Jackson). Il reste grâce à sa vitesse et ses épaules fluides le corner au plus grand potentiel dans cette draft, un cover corner typique, en plus capable de big plays qui changent un match (4 INT dont 1 TD, 2 INT en playoff) . Si sa progression continue, on pourrait se souvenir longtemps de sa silhouette longiligne, mais attention quand même de ne pas suivre de trop près la trace de son cousin Antonio Cromartie, explosif mais (très) friable. Un futur All-Pro à mon avis.
17 – Gosder Cherilus – Right Tackle – Detroit Lions
Est-il possible de croire que Cherilus est à ranger dans les bon tirages de ce premier tour? Pas évident et pourtant le jeune Right Tackle a été le meilleur lineman offensif de son équipe. Très en difficulté en début de saison, il a bien remonté la pente et sa protection de passe en fin d’année a été plus qu’encourageante. Lui aussi a plus de difficultés en run blocking, mais il reste une belle amélioration sur le côté droit de la O-Line des Lions. D’autres devront suivre. On peut donc vraiment se demander comment les Lions ont pu faire l’impasse sur Michael Oher cette année. Une décision qui aurait solidifié les 2 côtés de la ligne offensive pour les années à venir.
18 – Joe Flacco – Quarterback – Baltimore Ravens (Trade avec les Texans)
2e rookie à avoir mené son équipe en playoffs, Flacco a bénéficié d’une situation idéale pour s’affirmer comme une belle trouvaille pour les Ravens. Profitant de la défense en béton armé des Ravens, il a limité les erreurs et réussi des big plays lorsque son équipe en a eu besoin. Il a aussi montré le leadership et le calme dans la poche nécessaire à un franchise Quarterback. Flacco va continuer à progresser, et s’il ne se transformera pas en un Peyton Manning ou un Tom Brady, les Ravens espèrent bien qu’ils tiennent là un nouveau Ben Roethlisberger.
19 – Jeff Otah – Right Tackle - Carolina Panthers (Trade avec les Eagles)
Autre Tackle rookie à avoir été titularisé dès la première semaine (il a manqué 4 matchs sur blessure), Jeff Otah a été un élément important de l’extraordinaire saison des Panthers à la course. De tous les rookies, il est avec Jake Long celui qui a été le plus à l’aise dans le run blocking et sa protection de passe est décente. Il a néanmoins connu quelques difficultés à l’occasion, les Panthers alignant souvent un Tight End en soutien de son côté. Rien d’alarmant néanmoins car John Fox aurait tout à fait pu continuer un an de plus avec Travelle Wharton à gauche et Jordan Gross à droite et il ne l’a pas fait. Avec une année de plus au compteur, l’énorme physique et les bras immenses d’Otah devraient faire des merveilles.
20 - Aqib Talib - Cornerback - Tampa Bay Buccaneers
Comme tous les autres corners rookies, Talib a commencé la saison comme nickel corner avant de se voir confier de plus en plus souvent l’une des 2 places de titulaire. Très solide en man coverage et donc parfaitement adapté à la Tampa 2 des Buccaneers, Talib possède en plus d’excellentes mains qui lui permettent de disputer les ballons (4 Interceptions). Philip Buchanon, solide, et Ronde Barber dont la qualité de couverture baisse en même temps que la vitesse lui abandonneront bien vite l’une des 2 places de titulaire. S’il parvient à éviter les pépins, les Bucs ont un shutdown corner en puissance.
21 - Sam Baker - Left Tackle - Atlanta Falcons (Trade avec les Redskins)
Devant l’assaut sur les Offensive Tackles l’an passé, Thomas Demitroff le nouveau General Manager des Falcons avait réagi et tradé vers le haut pour sélectionner Sam Baker. Celui-ci était titulaire dès le premier match de la saison, mais a enchaîné plusieurs blessures qui l’ont tenu éloigné du terrain de la 7e à la 15e semaine, avant de disputer quelques snaps dans les 3 derniers matchs et le PO contre Arizona. Il a réalisé des performances plutôt honnêtes en protection de passe mais a été régulièrement dominé dans le running game. S’il parvient à éviter les blessures il sera de nouveau starter l’an prochain, son remplaçant Todd Weiner étant un vrai danger pour Matt Ryan. Avec quelques progrès, Baker a un long avenir dans la ligue.
22 - Felix Jones - Running Back - Dallas Cowboys
Drafté pour être un “change of pace” (changement de rythme) back, le complément idéal de Marion Barber, Felix Jones a été aussi vif et explosif qu’annoncé en début de saison, sortant les Cowboys de situations fâcheuses avec plusieurs runs de plus de 30 yards et apportant en moyenne 27 yards par retour de kick, donnant aux Boys une excellente position de départ. Sa saison a néanmoins été brusquement coupée en 6e semaine et il va sans doute lui falloir s’étoffer un peu pour pouvoir encaisser en NFL. Nul doute que les Cowboys se débrouilleront pour l’inclure au maximum dans la rotation tant il est dangereux quand il a le ballon dans les mains (8,9 yards par porté, de loin le ratio le plus important de la NFL, il a tourné à plus de 10 yards de moyenne sur la totalité de sa carrière de backup de McFadden à Arkansas). S’il évite les blessures, il peut suivre les traces d’un Leon Washington, et même plus.
23 - Rashard Mendenhall - Running Back - Pittsburgh Steelers
Considéré comme le second running back de la draft, Mendenhall a doucement glissé avant d’être enfin choisi par les Steelers pour être le backup puis le successeur de Willie Parker. Pittsburgh n’a pas pour habitude de donner de grandes responsabilités aux rookies et le cas Mendenhall n’a pas été différent. Après quelques problèmes de fumbles en présaison il a d’abord évolué en Special Teams, couvrant et retournant les Punts. La blessure de Willie Parker a changé la donne et Mendenhall obtient sa première titularisation en 4e semaine contre les Ravens. Après 9 courses pour 30 yards, Mendenhall découvre ce qu’est la NFL en la personne de Ray Lewis. Fracture de l’épaule et Out pour la saison. Mendenhall n’a pas eu besoin de chirurgie et devrait revenir à 100% pour le début de saison. Les Steelers attendront beaucoup de lui, Willie Parker étant maintenant sur la pente descendante. Mais il faudra déjà passer devant Mewelde Moore dans le depth chart, une tâche loin d’être évidente car l’ancien de Tulane m’a vraiment fait forte impression l’an dernier.
24 - Chris Johnson - Running Back - Tennessee Titans
L’homme le plus rapide du 40 yard dash de l’histoire ! (temps électronique). L’explosivité pure. Souvenons-nous néanmoins que le scepticisme était de mise devant ce nouveau choix étonnant des Titans. Encore un running back au premier tour et pas de receveur. Mais Johnson s’est chargé de faire taire les critiques. Avec 1228 yards et 9 TDs à la course, mais surtout 4,9 yards par porté auxquels s’ajoutent 43 réceptions pour 260 yards et 1 TD, Johnson est le 2e rookie de cette liste à avoir gagné sa place au Pro Bowl. S’il est un highlight vivant, Johnson a encore de nombreux progrès à faire. Il est un bloqueur volontaire mais il manque encore quelque chose, et il doit surtout travailler ses réceptions et laisser derrière lui les nombreux drops de l’année dernière. Johnson devrait voir son nombre de ballons augmenter cette saison au dépens de LenDale White et s’il parvient à progresser dans ces domaines il sera au Pro Bowl cette année encore.
25 - Mike Jenkins - Cornerback - Dallas Cowboys
On l’a dit et répété, le saut dans le grand bain est souvent terrible pour les cornerbacks et il l’a été pour Jenkins. Aligné avec parcimonie en début de saison comme nickel corner il a connu des difficultés en couverture et contre le run (il va vraiment falloir s’étoffer). Il n’est évidemment pas responsable de la saison catastrophique de la secondary des Cowboys (le niveau de jeu très pâle de Terrence Newman et son énorme salaire et les vieilles jambes d’Anthony Henry en sont plutôt la cause) mais il va devoir beaucoup progresser car il sera vraisemblablement starter l’an prochain (départ d’Henry aux Browns). La présence d’Orlando Scandrick qui a réalisé une très bonne saison rookie donne aux Boys une alternative à Jenkins et met un peu plus de pression sur celui-ci. Avec une saison de plus dans ses bagages, on attendra de lui de gros progrès cette année.
26 - Duane Brown - Offensive Tackle - Houston Texans
De tous les tackles sélectionnés au 1er tour, il est sans aucun doute celui dont les lacunes onté été les plus visibles. Il a néanmoins lui aussi démarré les 16 matchs cette saison, partageant son temps avec Ephraïm Salaam. Catastrophique en début de saison, il a sensiblement amélioré ses performaces au fil de la saison. Il va devoir vraiment progresser en protection de passe s’il veut devenir un franchise LT car la patience des Texans aura des limites. Il a pour lui d’être décent dans le run blocking et vraiment très bon sur les screens grâce à sa vitesse étonnante pour un lineman, ouvrant des boulevards à Steve Slaton. Houston ne s’est pas renforcé au poste de tackle cette intersaison, les Texans doivent donc croire en Brown qui sera titulaire sur le flanc gauche cette saison. Des progrès sont attendus.
27 - Antoine Cason - Cornerback - San Diego Chargers
L’un de mes chouchous avant la draft l’an dernier, Cason a réalisé une excellente première saison étant donné son poste. De tous les corners sélectionnés au 1er tour il est celui qui eut le plus de temps de jeu. Nickel corner dès la première semaine il s’est montré solide en couverture et très efficace dans le support de run dans la grande tradition des Chargers (74 tackles quand même, 1er de tous les corners rookies). Ses 2 interceptions et son fumble provoqué prouvent qu’il a l’explosivité nécéssaire. Il risque d’être cette année encore barré par Quentin Jammer et Antonio Cromartie pour les 2 places de titulaire, mais un coup de moins bien d’un de ces 2 là (pénalités à répétition pour Cromartie par exemple) pourrait lui ouvrir une place de titulaire.
28 - Lawrence Jackson - Defensive End - Seattle Seahawks
La blessure de Patrick Kerney en début de saison a ouvert un boulevard au joueur de USC qui a ensuite été titularisé pour les 10 derniers matchs de la saison. Le résultat, 2 sacks et 29 tackles, illustre bien la saison moyenne de Jackson. Celui-ci n’a guère montré de dispositions à rusher le quarterback et sa défense de run a été très passable. Le retour de Kerney et Tapp, l’arrivée de Redding et Colin Cole vont mettre la pression sur Jackson. Celui-ci a du endosser un rôle trop grand pour lui l’an dernier et on devrait le voir avec plus de parcimonie cette année. Et peut-être plus d’efficacité.
29 - Kentwan Balmer - Defensive Tackle - San Francisco 49ers
Autre grosse déception cette année, les Niners ont raté le coche avec Balmer. Il n’est que très rarement entré sur le terrain tout au long de la saison pour un résultat de 7 tackles. Une saison blanche sans blessure c’est souvent très mauvais signe. Il a été barré par Aubrayo Franklin qui a réalisé une super saison mais aussi Isaac Sopoaga et Ronald Fields. Très inquiétant pour les Niners.
30 - Dustin Keller - Tight End - New York Jets (Trade avec Green Bay)
Les Jets avaient fait un joli move pour faire de Keller le premier Tight End sélectionné l’an dernier et cela a plutôt bien fonctionné. D’abord barré par Chris Baker, excellent blocker mais peu dangereux dans le jeu de passe, Keller a petit à petit gagné de plus en plus de temps de jeu avant de finir starter les 6 derniers matchs de la saison. On connaissait sa vitesse et ses bonnes main, confirmées avec 48 réceptions pour 535 yards et 3 TDS, mais Keller s’est en plus avéré un blocker décent, ce qu’on attendait moins. Cela a suffi aux Jets pour se séparer de Chris Baker, Keller occupera donc seul la place de n°1 l’an prochain. Tout repart de zéro cependant, les clés du navire risquant d’être confiées au rookie Mark Sanchez. Une saison légèrement en hausse ou similaire à l’an passé est à prévoir pour Keller.
31 - Kenny Phillips - Safety - New York Giants
Premier safety sélectionné, Phillips a été barré une bonne partie du début de saison par James Butler (sans doute le meilleur élément des Giants à son poste l’an dernier) mais a réalisé une bonne première saison, incitant d’ailleurs les Giants à lâcher Butler cette intersaison (parti aux Rams). Moins efficace que Butler en couverture mais néanmoins tout à fait correct, Phillips a apporté son physique dans le jeu de course (64 tackles), il lit bien le jeu, sent bien les coups, et son développement devrait se poursuivre cette saison.
La suite dans le prochain post …