Under Review : Divisional Championship
Posted by Baron Zbimg in Articles, Football Américain on janvier 24th, 2010 | 3 Comments »
Après 1 gros mois d’absence du aux fêtes et à un emploi du temps très chargé, Under Review revient pour vous faire revivre la fin des playoffs et vous fournir une analyse des matchs que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Gros plan tout de suite sur le divisional Week-end qui a vu 3 équipes s’imposer à domicile et une autre à l’extérieur.
- Abordons ces matchs dans l’ordre dans lequel ils furent joués, et commençons donc tout de suite par le déplacement des Cards à La Nouvelle Orleans. On pouvait s’attendre à un feu d’artifice équilibré, mais les Saints et Sean Payton avaient parfaitement préparé leur coup. Offensivement ce fut un jour parfait au Superdome, et si les joueurs qui ont fait les highlights sont Drew Brees et Reggie Bush, c’est bien dans les tranchées que ce match s’est véritablement joué. La ligne offensive des Saints fournit une performance absolument dominatrice, éliminant complètement le front 7 des Cards de l’équation. Le Pro Bowler Jahri Evans livra une performance de géant, parfaitement accompagné par le sophomore Carl Nicks et le centre Jonathan Goodwin. Ces 3 là ouvrirent d’immenses boulevards dans le running game, étant parfois en mesure de bloquer un second joueur sur les plays, et ils furent aussi parfaitement au point en protection de passe. Les 2 Tackles Jermon Bushrod et Jon Stinchcomb ont eux légèrement souffert et ça ne peut être qu’inquiétant vu les performances de Ray Edwards et Jared Allen, dont nous parlerons un petit peu plus tard.
- Un petit mot sur Reggie Bush. Cela fait très longtemps que j’attendais de lui un match de ce type. Bush n’a enfin pas décalé tous ses runs vers l’extérieur, il a choisi l’aggressivité, baissé la tête, et bénéficié des espaces ouverts par sa ligne offensive dans l’axe. Ce n’est qu’un match mais quel bonheur de le voir signer un vrai match de running back NFL.
- Quand il est concentré et que ses mains ne glissent pas, Marques Colston est bel et bien indéfendable. Il réussit une performance énorme Samedi, captant non seulement à leur apogée chaque passe lancée dans sa direction, mais scellant en plus ses blocks dans le running game, permettant par exemple le long TD de Bush.
- Les Saints ont avant tout profité de leur bye pour récupérer des joueurs blessés, et aucun n’est aussi important que Jabari Greer. Après un excellent début de saison, Greer a été éloigné durant 9 semaines et son retour multiplie maintenant les possibilités pour le coordinateur défensif Gregg Williams. Greer peut-être laissé en man-to-man contre les meilleurs receveurs de la NFL, et cela libère un safety dans les schémas tactiques défensifs. Il fut très bon tout au long du match, le plus souvent contre Larry Fitgerald, réussissant un bien meilleur travail que Charles Woodson le Defensive Player of the Year la semaine dernière.
- Autre point positif, les performances de Will Smith, Sedrick Ellis et Anthony Hargrove qui ont largement dominé la O-Line des Cards, qui sera resté le gros point faible de cette équipe tout au long de la saison. Smith aura plus fort à faire cette semaine face à Bryant McKinnie et le matchup opposant Sedrick Ellis à Steve Hutchinson et John Sullivan devrait être décisif. Bobby McCray (qui profite de la blessure de Charles Grant pour obtenir enfin le temps de jeu qu’il mérite) et son speed rush pourrait aussi être capital face à l’immense rookie Phil Loadholt.
- Tout n’a néanmoins pas été parfait, comme l’illustre très bien le premier play du match, une course de 73 yards d’Hightower, pourtant pas le running back le plus rapide de la NFL, qui ne fut néanmoins même pas touché sur cette course. Darren Sharper fut énorme en couverture et lui aussi permet une immense variété de schémas, mais sa tendance à chercher le big hit sur chaque tackle a été très préjudiciable dans le running game Samedi, et c’est ce genre d’erreurs qu’il faudra éviter à tout prix avec Adrian Peterson. Son expérience et ses capacités de couverture restent néanmoins des atouts en or.
- Roman Harper a lui aussi été souvent pris en défaut dans le jeu au sol, quant à Jonathan Vilma, souvent présenté comme l’un des meilleurs middle linebackers de la NFL, il va devoir réussir à se sortir plus souvent des blocks adverses dans le running game. Vilma est merveilleusement instinctif mais ce problème est récurrent chez lui depuis quelques années maintenant. Contenir le jeu de course des Vikes sera essentiel ce week-end.
- Côté Cards, hormis ce premier play d’Hightower, le match fut un véritable cauchemar. Jeremy Bridges étant constamment en difficulté contre Will Smith, Kurt Warner fut régulièrement mis au sol et ne trouva jamais vraiment son rythme (et il prit aussi une énorme cartouche de Bobby McCray après son horrible interception). Celui-ci ne fut guère aidé par les drops d’Early Doucet et le fumble de Jerheme Urban en début de match. Seul Lyle Sendlein le centre réussit son match offensivement.
- On est aussi en droit de s’interroger sur le coaching des Cards. Ken Whisenhunt a abandonné le run très tôt dans le match, malgré une moyenne de 6,7 yards par porté, la faiblesse évidente de la D des Saints dans le domaine et ce premier TD qui aurait du l’encourager. J’ai aussi détesté le punt en fin de 3e quart-temps. Peu importe si c’est du 4th & 5 ou 4th & 8 ou même du 4th 20. Ce sont les playoffs, il n’y a pas de lendemain, quel est l’intérêt de préserver un écart décent? Bush se chargea de relancer le punt pour un TD sur la pire couverture de punt qu’il m’ait été donné de voir depuis de longues années, pliant définitivement le match, et punissant la tactique passive et résignée de Whisenhunt.
- Défensivement inutile de dire que ce fut une boucherie. Dominique Rodgers-Cromartie et Antrel Rolle avaient tous les 2 mal démarré leur match, mais lorsqu’ils furent out pour le match la couverture de passe devint catastrophique. Hamza Abdullah fut ciblé et battu play après play par Drew Brees, Karlos Dansby sombra lui aussi dans le jeu de passe. Mais c’est bien dans les tranchées que tout commence : incapables d’apporter une quelconque pression sur Brees, celui-ci put disséquer à loisir la secondary des Cards. Calais Campbell est le seul à ne pas avoir à rougir. Darnell Dockett fut en revanche abominable : 0 tackle, 0 pression, pas le moindre play, il fut dominé, que dire, dévoré par Jahri Evans. Son absence chronique de consistance en fait un joueur extrêmement sur-évalué, et sur lequel il est très difficile de compter d’une semaine à l’autre.
- A noter quand même qu’un joueur a survécu au naufrage. Propulsé dans le match après la sortie de Rodgers-Cromartie, Greg Toler fit excellente impression, avec une couverture serrée quel que soit son adversaire direct et des plays agressifs et décisifs dans le running game. On le reverra l’an prochain.
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- Difficile de décrire à quel point les Ravens se sont tirés une balle dans le pied. Si rien ne prouve qu’ils l’auraient emporté sans ces quelques erreurs, ils se sont merveilleusement attelé à s’interdire toute chance de rêver en commettant des pénalités ou des turnovers atroces, et, plus important, au pire moment possible. Peyton Manning fit face à une pression constante, notamment de l’intérieur de la ligne où Kyle DeVan continue de souffrir en protection de passe, et il dut se résoudre à se contenter de lancers courts ou intermédiaires. Il le fit parfaitement, échouant parfois, mais scorant des touchdowns sur 2 drives merveilleusement maîtrisés. Reggie Wayne n’est lui sans doute pas le plus spectaculaire des receveurs, mais c’est un véritable maître quand il s’agit de courir parfaitement ses routes, trouver des faiblesses dans la zone, catcher les ballons en third down. Il réussit 2 catchs merveilleux sur des slants et profita de la couverture stupide de Domonique Foxworth sur son touchdown. Dallas Clark continue lui aussi d’être une arme fatale dans le passing game et il devra s’attendre à être double teamed en permanence contre les Jets ce Dimanche, tandis que Revis sera, comme depuis le début de l’année, laissé en one on one contre le receveur n°1 adverse, en l’occurence Wayne.
- A noter enfin que même si Donald Brown n’apparaît guère dans les stats sur ce match, son impact a été non négligeable et qu’il est clairement le meilleur running back des Colts. Explosif, bonne vision, bonnes mains, et belle capacité à contrer les blitzs, on va le voir plus contre NY cette semaine.
- Côté Defense, les Colts ont limité les Ravens à 3 points et n’auront donc pas encaissé le moindre touchdown contre Baltimore cette année. C’est en couverture que les Colts me firent une énorme impression : Jacob Lacey, Gary Brackett et Antoine Bethea furent tous les 3 excellents, les 2 interceptions de Flacco étant la cerise sur un gâteau déjà bien garni.
- Dans l’ensemble ce fut une performance solide contre une équipe extrêmement limitée offensivement et dont les erreurs ont annihilé les rares chances de scorer. Le seul point d’inquiétude, c’est qu’après 2 semaines de repos, Freeney et surtout Mathis furent globalement inoffensifs dans ce match, dominés par la O-Line adverse. Tous 2 devraient être des éléments capitaux face aux Jets et leur quarterback inexpérimenté. Ils auront fort à faire face à D’Brickashaw Ferguson et Damian Woody.
- Que dire des Ravens? La O-Line fut une fois de plus excellente en protection de passe, avec d’excellentes performances de Jared Gaither et de l’énorme steal qu’est Michael Oher. Mais pour le reste, en attaque, rien! Joe Flacco n’était très clairement pas à 100% pour ces playoffs, malgré les nombreuses déclarations affrimant l’inverse, mais il n’a, comme Carson Palmer, personne à qui lancer. Derrick Mason continue à se libérer de temps à autre, mais les routes atroces courues par Kelley Washington, Demetrius Williams et Mark Clayton les empêche de se démarquer d’un millimètre en fin de saison. Baltimore va devoir rapidement trouver un complément à l’arme de destruction massive qu’est Ray Rice.
- De l’autre côté du terrain, c’est une nouvelle belle performance défensive qui fut gâchée contre les Colts. Ray Lewis fut égal à lui-même, détruisant les gaps dans le running game et effectuant un travail d’orfèvre en couverture. Haloti Ngata, Kelly Gregg, Justin Bannan et surtout Terrell Suggs furent monumentaux en run defense et permirent à Greg Mattison de droper plus de joueurs en couverture, sans succès.
- Le problème essentiel des Ravens fut que leurs big plays ne servirent à rien. Ed Reed intercepta 2 fois Manning en l’espace de 6 snaps, 2 actions qui auraient pu (du) changer complètement le momentum et qui n’aboutirent à rien. Sur la première, Reed ne protegea pas son ballon, le portant côté ouvert du terrain (bras droit) et le paya cash, Pierre Garçon revenant de l’arrière et provoquant le fumble, recouvert par les Colts. Sur la seconde, c’est une interférence de passe sur Dallas Clark sifflée contre Corey Ivy qui annula l’action, offrant de plus un first down aux Colts. Un résumé parfait de la rencontre.
- J’ai parlé de Domonique Foxworth un peu plus haut. Lorsqu’à 7 secondes de la fin de la mi-temps, Manning, dépourvu de temps mort, se dirige vers son banc pour demander à Jim Caldwell de tenter une dernière passe avant le field goal, il obtient gain de cause mais cela ne signifie qu’une chose pour la défense des corbeaux : Le play doit ABSOLUMENT être dirigé dans l’en-but, toute action complétée dans le terrain empêchant les Colts de tirer un field goal. Foxworth s’aligne pourtant en couverture “soft”, à 5 yards de Wayne et 2 yards dans l’en-but. Une offrande pour Wayne, qui n’a qu’à courir un slant immédiat et se retourner sans opposition pour capter le TD décisif. Une faute professionnelle de Foxworth, ou de Mattison d’ailleurs, celui-ci ayant pris un temps mort avant le play assurer le coup. Efficacité maximum …
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- Le match le plus attendu du week-end opposait les Vikings aux Cowboys au Metrodome, pour ce qui s’annonçait comme un match au couteau. C’était oublier l’énorme point faible des Cowboys : le Right Tackle Marc Colombo. Si l’ensemble de la ligne des Boys livra une performance immonde, Colombo tutoya des abysses que ne connurent pas ses coéquipiers et vécut littéralement l’enfer. Dévoré vivant par Ray Edwards, le cauchemar se poursuivit après la sortie de celui-ci, Bryan Robinson lui infligeant la même punition, pour un score final de 2 sacks, 2 hits et 6 pressions concédées. Tony Romo dut courir pour sa vie l’essentiel du temps mais il ne parvint jamais à faire surgir l’étincelle, et commit surtout la bagatelle de 3 turnovers, dont une atroce interception et 2 fumbles qui détruisirent des drives intéressants de son équipe. Le drive standard des Cowboys en première mi-temps pourrait se résumer ainsi. Avancée bien construite jusqu’aux 30 yards adverses - sack ou pénalité - sack ou fumble.
- Comment qualifier la décision de Wade Phillips de préférer faire tirer un field goal de 48 yards à Shaun Suisham plutôt que de tenter en 4e & 1 d’avancer et se rapprocher du TD. Suisham a été atroce toute la saison, et le % de chance qu’il réussisse ce kick dans une ambiance dantesque est 10 fois plus réduit que de runner ce yard. A l’extérieur, en playoffs, Phillips n’aurait même pas du hésité … Il a fait pire, pris la mauvaise décision, rendu le ballon aux Vikes en excellente position … avant de voir ceux-ci marquer et s’envoler sur la possession suivante.
- Jason Witten fut le meilleur Cowboy en attaque, bien qu’il ait été abusé par Jared Allen en protection de passe. Cela est également à mettre sur le compte de Wade Philips ou de son coordinateur offensif Jason Garrett, un nom sur toutes les hot lists pour devenir head coach : essayer de bloquer l’un des meilleurs et le plus puissant defensive end de la ligue avec un Tight End = Echec TOTAL. Ni l’un ni l’autre n’ont fait les ajustements nécéssaires pour offrir à leur quarterback le temps de protection nécéssaire pour pouvoir compléter des passes et créer offensivement. Résultat, ce fut un long chemin de croix.
- A noter quand même la performance très honnête de Doug Free comme Left Tackle après la sortie de Flozell Adams.
- Pourtant, les 34 points encaissés reflètent mal la qualité de la performance défensive de Dallas. La pression sur Brett Favre fut violente et constante. Anthony Spencer et Jay Ratliff furent dominateurs, DeMarcus Ware bien que plus discret fut lui aussi présent. Ce fut aussi très bien, voire excellent en run defense, puisqu’Adrian Peterson fut complètement étouffé. Anthony Spencer, encore lui, livra une immense performance contre le run, et fut bien épaulé par Marcus Spears, Keith Brooking et Ken Hamlin.
- En couverture, croyez-le ou non, ce fut plutôt pas mal pour l’essentiel mais la capacité des Vikes à réussir des big plays détruisit Dallas à petit feu. Orlando Scandrick fut très bon dans le slot et Mike Jenkins fut globalement excellent, mais la seule passe complétée qu’il concéda fut un TD de 45 yards à Sydney Rice. Terrence Newman n’accorda pas de très gros play mais laissa se compléter toutes les passes lancées dans sa direction. Gerald Sensabaugh n’eut lui qu’une seule passe à défendre. Elle se transforma malheureusement pour lui en un touchdown de 47 yards.
- Les larges victoires ont l’incroyable pouvoir de masquer les mauvaises performances, et vous n’avez donc sans doute pas entendu parler de la sortie atroce de la O-Line des Vikes Dimanche. Ce fut pourtant une très très vilaine performance d’ensemble : seul Bryant McKinnie fit le travail en protection, tandis que le côté droit de la ligne (Sullivan, Herrerra, Loadholt) était régulièrement abusé par Spencer et Ratliff mais c’est surtout l’absence totale de push dans le running game qui inquiète. Peterson n’a pas couru pour plus de 100 yards depuis une éternité, en raison notamment du mur derrière lequel il court. Pas de brêches, mais il est vrai aussi une incapacité chronique de Peterson à laisser les plays se développer et une tendance à foncer tête baissée avant même que les blocks soient en place. Un gros point faible sur lequel il va devoir se reconcentrer, car le travail de la lligne avant ne devrait guère s’améliorer pour cette toute fin de saison.
- L’attaque des Vikes s’est en gros résumé à 2 noms : Favre - Rice. Sans être aussi éblouissant que ses stats ne peuvent l’indiquer, Favre a réussi exactement ce pour quoi il a été signé cette saison : débloquer des situations avec des lancers de classe, capacité de produire des gros plays et de profiter des erreurs adverses. Mais le plus impressionnant des 2 fut bien Sydney Rice qui fut simplement indéfendable, quel que soit le corner aligné contre lui. Sur son second TD, il bloque DeMarcus Ware avant de se relever pour offrir une solution à son quarterback et marquer. Rice aura fort à faire face à Jabari Greer cette semaine, et voilà un matchup qui me fait saliver d’avance.
- En défense ce fut Disneyland pour les Vikes qui exercèrent sur Romo un pression diabolique. Ray Edwards eut les honneurs de la presse grâce à ses 3 sacks, et il y ajouta 2 hits, 3 pressions, et 2 tackles derrière la ligne de scrimmage. Jared Allen ne fut pas moins impressionnant de son côté et il combattit avec succès de nombreuses double teams, ses 6 pressions et une passe contrée étant finalement récompensées par un sack and fumble plus parlant aux yeux des fans et des “analystes”. Kevin Williams, Chad Greenway et l’excellent Brian Robinson participèrent aussi à la fête du rush, et toute cette D fut aussi fidèle à elle-même et solide contre le rush.
- Les seuls petits points faibles, qu’il sera utile de gommer cette semaine, furent le niveau de jeu des 2 corners Antoine Winfield, qui est loin de son niveau d’avant-blessure, et Cedric Griffin. L’affrontement avec Marques Colston, Robert Meachem et Devery Henderson s’annonce délicat.
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- Concluons maintenant avec la seule véritable surprise de ce week-end, et tentons d’expliquer comment une équipe emmenée par un quarterback rookie jouant comme tel sera bel et bien une vraie menace pour les Colts ce week-end. Commençons par décortiquer la défense des Jets, qui vit et meurt grâce à un seul joueur : Darrelle Revis. Celui qui aurait du remporter l’award de Defensive Player of the Year est tout simplement le meilleur joueur défensif de la NFL et sa saison est sans doute la meilleure pour un corner depuis la saison 94 de Deion Sanders. Revis fut, comme depuis le début de l’année, laissé tout au long du match en un contre un contre les meilleurs joueurs adverses, contre les Chargers une alternance entre Vincent Jackson et Antonio Gates. Il fut ciblé 5 fois, pour 2 passes complétées pour 6 yards, une merveille de passe défendue et une interception essentielle dans le changement de momentum en seconde période. Il offre surtout à Rex Ryan une immense liberté dans les schémas défensifs, celui-ci pouvant appeler tous les overload blitzs qu’il aime tant (et un peu trop à mon goût, il faudra en user avec parcimonie contre Manning).
- Mais une équipe ne se résume pas à un joueur et en l’occurence dimanche, ils sont plusieurs à avoir réussi une grande performance. J’ai dit plus tôt dans la saison que contrairement à ce que tout le monde pensait et écrivait, la perte de Kris Jenkins n’était pas catastrophique car ses remplaçants évoluaient match après match à un excellent niveau. Si aucun journaliste ne semble connaître Sione Pouha et Mike DeVito, ces 2 là ont réussi une saison énorme depuis la blessure du mammouth Jenkins. Dimanche, ils semblaient vouloir mettre un point d’honneur à faire parler d’eux (ce qui n’a d’ailleurs pas marché) et ont livré un match monumental. Pouha fut un véritable mur en run defense, dévorant LaDainian Tomlinson et l’intérieur de la ligne offensive des Chargers, tandis que DeVito effondrait la poche de l’intérieur snap après snap. En conséquence, la merveilleuse attaque de San Diego ne trouva jamais le rythme et dut rendre les armes en seconde mi-temps.
- David Harris ne s’était pas entraîné de la semaine, et il semble que cela lui ait fait le plus grand bien. Celui qui alterne les très bonnes performances et celles de fantôme fut partout sur le terrain, défendant le run comme un damné. Dernier héros, Jim Leonhard réussit l’interception capitale et fut globalement très solide dans tous les domaines, prouvant vraisemblablement que l’an dernier n’était pas un accident, et qu’il est un vrai bon joueur de playoffs.
- Offensivement, les Jets s’appuyent sur un jeu simple : Run, run, passe courte ou run, run, run. Pour y parvenir, ils peuvent compter sur la meilleure ligne offensive de la ligue en run blocking, avec les 2 monstres que sont D’Brickashaw Ferguson, qui continue d’être atrocement sous-évalué, et Nick Mangold, qui a propulsé le poste de center dans une nouvelle dimension. Alan Faneca, terrible ces 2 dernières saisons semble lui renaître de ses cendres ces dernières semaines et il fut encore une fois très très bon dimanche. La ligne n’est pas en reste dans le passing game, puisque c’est Tony Richardson le fullback (lui aussi dominateur en run blocking dans ce match) qui concéda le seul sack encaissé par Sanchez dans ce match, le jeune quarterback étant lui responsable du seul hit encaissé.
- Il ne fait guère de doute que les Jets ont réussi un joli coup en draftant Shonn Greene. Celui-ci commence à recevoir de plus en plus de ballons au dépens de Thomas Jones, et il en fait un excellent usage. Après un énorme match à Cincinnati, Greene a non seulement fait mal ballon en main mais il fut en plus parfait en protection de Sanchez, contrant tous les blitzs et distribuant quelques pancakes.
- La seule inquiétude, c’est le niveau de jeu de Mark Sanchez. Après un excellent match contre Cincy, celui-ci est revenu à ses mauvaises habitudes de la saison régulière, ne complétant pas la moindre passe sous pression, étant souvent imprécis et prenant globalement de mauvaises décisions. Il réussit néanmoins un play capital, avec cette passe de TD pour le très discret Dustin Keller après un scramble à doite qui plaça pour de bon les Jets devant au tableau d’affichage.
- Côté Chargers on va regretter très longtemps cette amère défaite. Après avoir assez largement dominé la première mi-temps sans réussir à faire un écart décisif au score, ils ont livré une horrible seconde période et se sont souvent enterré eux-mêmes. L’urgence pour l’an prochain va être de trouver un successeur à LaDainian Tomlinson dont l’effort durant ce match m’a fait, au mieux, de la peine. Incapable de réussir un run de plus de 5 yards, derrière une O-Line il est vrai complètement dépassée, Tomlinson n’est plus que l’ombre de lui-même et n’a clairement plus une année de plus dans les jambes. Pas comme titulaire en tout cas. Mais celui qui m’a le plus déçu, c’est mon MVP de la saison régulière dont j’attendais beaucoup, Philip Rivers. S’il réussit à produire en première mi-temps, il fut sans solution aux moments importants, étant particulièrement inefficace en third down, mais lançant surtout une très très vilaine interception de son propre camp, offrant ainsi un short field aux Jets qui capitalisèrent. Le match était fini. Il sera difficile de rebondir moralement pour Rivers après cette nouvelle désillusion, mais, tout comme ses fans, il a du tomber de très haut.
- Juste un mot sur Malcolm Floyd, qui avait là une occasion unique de briller. Difficile de rater une audition de façon plus évidente. En plus d’un drop, Floyd ne fut jamais une menace dans le jeu long et un fantôme tout au long du match.
- En défense, entre l’absence totale de pass rush et une run defense extrêmement friable, beaucoup sont passés à côté. Shaun Philips aurait pu s’abstenir de trash talker avant le match car il fut particulièrement consternant dans tous les domaines. Jacques Cesaire et Stephen Cooper furent coupables dans le jeu de course et Antonio Cromartie termine sa saison comme il l’avait commencée : par un bien vilain match en couverture.
- Le seul et unique point positif de la défaite des Chargers, c’est l’excellente prestation sur quelques snaps du Nose Tackle Antonio Garay. Après avoir lutté toute l’année pour trouver une alternative décente à Jamaal Williams, San Diego a peut-être bien fini par la trouver en cette toute fin de saison …
LE JOUEUR DE LA SEMAINE
Plusieurs joueurs mériteraient une décoration, de Darrelle Revis à Anthony Spencer, mais le show offert par Sydney Rice contre une secondary des Cowboys qui a tout tenté sans rien réussir remporte la mise. Avec 6 ballons captés pour 141 yards et 3 touchdowns, Rice a transformé un match accroché en feu d’artifice. Il aura toute l’attention de Jabari Greer ce Dimanche.
LE CAUCHEMAR DE LA SEMAINE
Comme toutes les semaines, de nombreux joueurs sont passé à côté de leur sujet, mais Marc Colombo a été complètement noyé par le pass rush des Vikes. Après avoir été torturé par le toujours sous-évalué (mais peut-être plus pour très longtemps) Ray Edwards, son niveau de jeu ne s’éleva pas d’un cran après la sortie sur blessure de celui-ci et Bryan Robinson put à son tour punir Tony Romo à loisir. Avec un Flozell Adams en énorme difficulté cette saison en protection et approchant la fin de sa carrière et les limites évidentes de Colombo contre l’élite de la ligue, on voit mal comment les Boys pourront faire l’impasse sur un Offensive Tackle au premier tour de la prochaine draft.

































